11 octobre 2009
Désirée Mayer : apprendre à se rencontrer et à se connaître

Lorsque, il y a 12 ans, l’idée d’une mise en valeur de la culture et du patrimoine juifs a vu le jour en Alsace, Metz a été la première ville à relayer cette grande initiative. Entraînant la Lorraine, coordonnant les savoirs et les efforts, les portes des synagogues se sont ouvertes, les centres communautaires accueillirent des visiteurs en nombre et des manifestations variées furent organisées pour promouvoir des échanges et des dialogues fructueux entre concitoyens.
Au vu de leur succès –culturel et convivial- et au vu de leur nécessité –historique et sociale- ces manifestations prirent de l’ampleur. Très vite, elles s’étalèrent dans le temps et dans l’espace. Portées par l’enthousiasme des bénévoles, soutenues par les collectivités locales et territoriales, considérées et coordonnées à l’échelle européenne, les «Journées européennes de la Culture juive» sont devenues un rendez-vous incontournable de la rentrée. Un peu comme si, pour signer la fin de l’été et bien marquer le commencement de l’année scolaire ou universitaire, on se faisait un devoir d’honneur d’éclairer la rentrée à la lumière vive de l’histoire et de la pensée. Ensemble, présents, en vue d’un dialogue inter-culturel, nous explorons des apports culturels et historiques du passé. Mais le passé dont nous parlons n’est pas celui du passéisme, c’est dans la tension vers l’avenir que nous souhaitons l’interroger.
Les références identitaires et les différences (salutaires!), que nous voulons mieux connaître et faire connaître, seront convoquées, non pour en faire des plateformes de revendication, ou des prétextes aux stratégies de repli, mais pour les ouvrir à la pensée, et les voir œuvrer à l’enrichissement du tissu social et à la promotion de la reconnaissance et du respect.
Tout en laissant une grande liberté aux coordonnateurs régionaux, chaque année un thème nouveau est choisi à l’échelle européenne. Cette démarche, très didactique, favorise la variété et une dynamique d’approfondissement de la connaissance. Le choix du thème de cette année: « Fêtes et Traditions», convient à priori mieux aux pays ayant plus récemment adhéré aux «Journées européennes de la Culture juive», qu’aux «vétérans» que nous sommes. En effet, nous l’avions déjà, indirectement, abordé à travers la thématique du Calendrier (en 2003), celle de la fête de Pessah, la Pâque juive, (en 2004) ou des Traditions culinaires (en 2005 ). Mais qui se passerait des valeurs constructives des traditions et des joies structurantes et symboliques de la fête? Qui renoncerait à la sève fertile d’un projet européen qui fédère 30 pays ?
En Lorraine, nous garderons donc le thème européen en mettant l’accent sur son universalité. Pour ce faire, nous le présenterons autour de deux axes majeurs: l’enfance, et l’optique comparatiste, pluriculturelle.
Pourquoi l’enfance ? Parce que, au-delà des clivages et des appartenances, du moment qu’elles ont un sens, les fêtes et les traditions constituent des étapes indispensables au développement et à l’évolution de l’enfant. Or, il se trouve, par ailleurs, que l’enfant est au centre des dispositifs rituels des fêtes juives. Péssah, la Pâque juive, en est l’exemple le plus significatif, mais que l’on prenne, Hanoukka ou Pourim, on retrouvera cette même centralité.
Quant à l’optique comparatiste, laquelle sollicitera au passage plusieurs champs des sciences humaines, quelle meilleure manière de réfléchir à nos fondements communs et à l’universalité des valeurs véhiculées par les «Fêtes et les Traditions», que de se pencher sur ce qui, d’une religion à l’autre, d’une culture à une autre -et jusques y compris dans la contestation du religieux- témoigne de ce fond commun, nécessaire à tous, qui s’appelle l’humanisme?
Dès la fin du mois d’août et jusqu’en octobre, vous pourrez assister à un colloque, à des conférences, participer à des débats, ainsi qu’à des saynètes présentées par des enfants, voir des expositions et un film documentaire réalisé à Metz pour la circonstance, effectuer des visites, profiter de concerts exceptionnels, échanger, découvrir, ou redécouvrir peut être ce territoire immense et précieux, tapi au fond de nous-mêmes, comme un ferment de vie et de santé : l’altérité.
Que vivent les «Fêtes et les Traditions», qui donnent du sens à l’existence et qui permettent de partager!
Notre riche et beau programme pour l’édition 2009 n’a besoin que de vous pour inscrire son succès dans le paysage lorrain.
Nous vous espérons.
Désirée Mayer
Présidente des JECJ-Lorraine
Vice-présidente des JECJ-France
Une formidable rencontre entre les JECJ-Lorraine et la Coordination des Berbères de France
Jeudi 12 octobre 2009, dans le Grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz, Berbères et Juifs se sont rencontrés pour passer une soirée placée sous le signe de l'amitié et du partage. Un public nombreux est venu écouter les témoignages d'Hacène Lekadir, conseiller municipal, de Stéphanie Sadoune présidente de la Coordination Berbère de Lorraine, Désirée Mayer présidente des JECJ-Lorraine, et William Schuman conseiller municipal. Ces quatre étonnantes personnalités aux parcours familiaux et professionels différents ont démontré que deux communautés qui se respectent trouvent la voie du partage et de la tolérance.

Un grand succès pour cette soirée !
Thierry Jean, adjoint au maire de Metz Dominique Gros, a accueilli les participants et rappelé l'esprit d'ouverture que défend la municipalité

de gauche à droite Thierry Jean, William Schuman, Stéphanie Sadoune, Philippe Hoch,
Désirée Mayer, Hacène Lekadir
Photo François Keim

Pour évoquer la présence juive en Afrique du Nord, la CBF avait invité Nasser-Victor Boudjou, artiste et journaliste. Celui-ci rappela que Juifs et Berbères vivaient en bonne harmonie dans le respect des traditions de chacune des communautés.
Photos Laurence et Alain Aisene

JECJ-Lorraine et CBF (suite)

de gauche à droite Philippe Hoch, Désirée Mayer et Hacène Lekadir

Stéphanie Sadoune, Philippe Hoch et Désirée Mayer

Photos Alain et Laurence Aisene
Des chants dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres
Musique berbère et musique juive ont succédé aux témoignages et réjoui un public séduit par tant de chaleur et d'enthousiasme.

Messaoud Sayad à la guitare ,
Pascal Douane : chant
Le groupe berbère a interprété notamment
une chanson écrite par Idir et Jean-Jacques Goldmann

Messaoud Sayad à droite



Photos Laurence et Alain Aisene
La Chorale Chalom
La chorale Chalom a interprété quelques grands classiques
Dona, Dona, Hine matov, Yeroushalaim
Oseh Shalom, Hava Nagila

![]()

Claire More, violoncelliste

Photos François Keim

sous la direction de Marie-Aurore Picard,
clarinette : Estelle Guichoux, violoncelle : Claire Moret

Photos Laurence Aisene
Nasser-Victor Boudjou

Nacer-Victor Boudjou à gauche a entretenu le public sur la
présence des Juifs en Afrique du Nord

Une conférence illustrée par des cartes postales
et des photographies anciennes

Le plaisir de déguster la cuisine juive
et la cuisine berbère

Photos François Keim
09 octobre 2009
Visite guidée de l'exposition Yona Friedman : La Création
LUNDI 12 OCTOBRE 2009
JECJ- Lorraine et le Centre d’Art Contemporain
La synagogue, 33 rue Poincaré, Delme
vous proposent une visite commentée de l’exposition
Yona Friedman
La Création
Présentation de l’artiste et de l’oeuvre,
suivie d’un pot de l’amitié
Musée des Graffiti de Yona Friedman
Commande publique du Centre national des arts plastiques
On notera que l'architecte du Centre Pompidou-Metz, Shigeru Ban, se réclame volontiers de l'enseignement de Yona Friedman
![]()
Départ du bus 19h00, quai du Rimport, Metz
Départ de Delme 20h40 – Retour Metz vers 21h20
Participation aux frais 5.00 euros
Inscription jusqu'au lundi 12 octobre à14h00
par téléphone 03 87 63 26 14
ou 06 08 33 26 29
ou par courriel : desiree.mayer@wanadoo.fr
07 octobre 2009
Manifestations interculturelles festives
Ensemble au sein de la République :
Berbères et Juifs
mémoires et traditions en partage

Organisées dans le cadre des Journées européennes de la culture juive, en association avec la Coordination des Berbères de France, la CBF et JECJ-Lorraine proposent à leurs concitoyens deux manifestations interculturelles festives.
Placée sous le signe de la convivialité et du dialogue interculturel, la première rencontre aura lieu le jeudi 8 octobre, de 19h00 à 23h00, dans le Grand salon de l’Hôtel de Ville, à Metz.


au programme :
une table ronde, des musiques traditionnelles,
une conférence, un buffet convivial et
un concert de la Chorale Chalom
La réunion du dimanche 13 décembre, à partir de 14h00 sera conçue dans la continuité de la précédente, elle se placera sous le signe de la connaissance et des savoirs partagés. Les conférences de prestige, les animations poétiques et musicales, le buffet convivial, consolideront les liens d’amitié dans l’ouverture sur la cité.
Berbères et Juifs ensemble le 8 octobre 2009
Paru dans le journal La Semaine

Jeudi 8 octobre à partir de 19h00
Grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz
Avec la Coordination des Berbères de France,
et les JECJ-Lorraine
19h00
Accueil en musique
Allocution de bienvenue de Monsieur Thierry Jean
adjoint au maire de Metz
Dominique Gros
19h15
Table ronde des responsables de la vie civile et associative
animée par M.Philippe Hoch
Mémoires et traditions en partage
Intervenants
Hacène Lekadir, conseiller municipal, ancien président des CBFMessaoud Sayad, Pascal Douane
William Schuman, conseiller municipal, ancien président des JECJ
Stéphanie Sadoune, présidente des CBF
Désirée Mayer, présidente des JECJ-Lorraine
Buffet en musique - spécialités juives et berbères
Animation musicale
20h30
Artiste, journaliste, Nasser-Victor Boudjou évoquera :
La présence des juifs en Afrique du nord
21h15
Chorale Chalom, concert
sous la direction de Marie-Aurore Picard,
clarinette : Estelle Guichoux, violoncelle : Claire Moret
21h40
Chants en commun : Chants juifs et berbères,
sous l’égide des musiciens présents
22h00
Buffet-desserts
06 octobre 2009
Yona Friedman à Delme "La Création"

LA CREATION
du 4 octobre 2009 au 31 janvier 2010
à la Synagogue de Delme
Visite guidée le lundi 10 octobre à 19h30

Synagogue de Delme
Photographies de ce message
Olivier Goetz

Yona Friedman est tout à la fois architecte, philosophe et artiste. L’architecture de survie, une philosophie de la pauvreté a été édité en 1978, Utopies réalisables en 1974. L’actualité de ses écrits, plus de trente après, est saisissante ; les idées qu’il développe, ainsi que les méthodes et les outils proposés, résonnent davantage comme une urgence en 2009. En effet, Yona Friedman évoque un monde dont les ressources s’épuisent et la population s’accroît, où l’échelle des villes et des organisations publiquesdépasse largement ce qu’il appelle « la taille de groupe critique ». Si une organisation dépasse cette taille, la communication et l’effi cacité des échanges s’affaiblissent et il devient d’autant plus diffi cile de faire face aux diffi cultés : « la seule solution reste celle des petits groupes ». Au modèle des grandes villes et des mégalopoles, Yona Friedman oppose celui des villages urbains, entités réduites à l’intérieur des villes. Lorsqu’il décrit l’architecture de survie, plus qu’une technique de construction, ce sont des manières de vivre ensemble qu’il propose, permettant aux individus de s’adapter à des situations de crise, qu’elles soient économiques, écologiques ou sanitaires. Par défi nition, la ville de survie est pauvre et « survivre, c’est renoncer à l’enrichissement »1. Le bidonville devient ainsi le modèle par excellence sur lequel Yona Friedman s’appuie pour illustrer cette « philosophie de la pauvreté ». En 1958, il crée le GEAM (Groupe d’Etude d’Architecture Mobile) à travers lequel il suggère que l’usager pourra modifi er l’architecture au gré de ses besoins et de ses désirs. L’architecture mobile est le résultat d’une autoplanifi cation de la part des usagers et l’architecte se voit relégué au rôle de simple consultant. Afin de communiquer le plus clairement et le plus largement possible ses propositions, Yona Friedman compose des bandes dessinées qui illustrent via un système graphique simple, l’ensemble de ses méthodes. Les bandes dessinées sont rassemblées dans des manuels qui sont manipulables et interprétables à l’envie par celui qui les fera siens et les adaptera, comme des recettes de cuisine.
Ce texte est extrait du communiqué de presse proposé
par le Centre d'Art Contemporain de Delme
Désirée et Michel Mayer
lors de l'inauguration de l'expostion

Il n’y a jamais de visée autoritaire chez Yona Friedman, qui considère que l’improvisation et l’irrégularité sont Intrinsèques à toute création. L’univers est profondément erratique, à savoir qu’il est impossible de déterminer à l’avance quelle cause engendra quel effet. Dans cet univers erratique, « les résultats sont moins importants que le cheminement qui y conduit. » Celui qui accepte cette part d’imprévisible et fait du processus le coeur vivant de son travail, est sans doute un artiste en puissance.

"Je souhaite présenter à Delme deux « structures irrégulières ». Il s’agit de structures conçues pour être réalisables à l’aide de matériaux simples, par n’importe qui, professionnel ou non. Ces structures sont toujours improvisées, car elles ne peuvent être dessinées ou planifiées ; il est seulement possible d’expliquer leur mode de réalisation. Elles ont été conçues comme des structures pouvant servir dans des bidonvilles pauvres,mais s’envisagent également comme des oeuvres d’art, car elles peuvent être belles. Elles transforment l’espace vécu, en brisant toutes les géométries, coupoles, façades,tours. Mais briser la géométrie ne veut pas dire désordre, et réfère plutôt à une géométrie « autre ».Parce qu’elles sont faciles à réaliser, vous-mêmes, spectateurs, pourriez les essayer chez vous, dans votre maison."

Quelques images sur l'oeuvre de Yona Friedman

























