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LA CREATION

du 4 octobre 2009 au 31 janvier 2010

à  la Synagogue de Delme

Visite guidée le lundi 10 octobre à 19h30

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Synagogue de Delme

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Photographies de ce message

  Olivier Goetz

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Yona Friedman est tout à la fois architecte, philosophe et artiste. L’architecture de survie, une philosophie de la pauvreté a été édité en 1978, Utopies réalisables en 1974. L’actualité de ses écrits, plus de trente après, est saisissante ; les idées qu’il développe, ainsi que les méthodes et les outils proposés, résonnent davantage comme une urgence en 2009. En effet, Yona Friedman évoque un monde dont les ressources s’épuisent et la population s’accroît, où l’échelle des villes et des organisations publiquesdépasse largement ce qu’il appelle « la taille de groupe critique ». Si une organisation dépasse cette taille, la communication et l’effi cacité des échanges s’affaiblissent et il devient d’autant plus diffi cile de faire face aux diffi cultés : « la seule solution reste celle des petits groupes ». Au modèle des grandes villes et des mégalopoles, Yona Friedman oppose celui des villages urbains, entités réduites à l’intérieur des villes. Lorsqu’il décrit l’architecture de survie, plus qu’une technique de construction, ce sont des manières de vivre ensemble qu’il propose, permettant aux individus de s’adapter à des situations de crise, qu’elles soient économiques, écologiques ou sanitaires. Par défi nition, la ville de survie est pauvre et « survivre, c’est renoncer à l’enrichissement »1. Le bidonville devient ainsi le modèle par excellence sur lequel Yona Friedman s’appuie pour illustrer cette « philosophie de la pauvreté ». En 1958, il crée le GEAM (Groupe d’Etude d’Architecture Mobile) à travers lequel il suggère que l’usager pourra modifi er l’architecture au gré de ses besoins et de ses désirs. L’architecture mobile est le résultat d’une autoplanifi cation de la part des usagers et l’architecte se voit relégué au rôle de simple consultant. Afin de communiquer le plus clairement et le plus largement possible ses propositions, Yona Friedman compose des bandes dessinées qui illustrent via un système graphique simple, l’ensemble de ses méthodes. Les bandes dessinées sont rassemblées dans des manuels qui sont manipulables et interprétables à l’envie par celui qui les fera siens et les adaptera, comme des recettes de cuisine.

Ce texte est extrait du communiqué de presse proposé

par le Centre d'Art Contemporain de Delme 

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Désirée et Michel Mayer

lors de l'inauguration de l'expostion

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Il n’y a jamais de visée autoritaire chez Yona Friedman, qui considère que l’improvisation et l’irrégularité sont Intrinsèques à toute création. L’univers est profondément erratique, à savoir qu’il est impossible de déterminer à l’avance quelle cause engendra quel effet. Dans cet univers erratique, « les résultats sont moins importants que le cheminement qui y conduit. » Celui qui accepte cette part d’imprévisible et fait du processus le coeur vivant de son travail, est sans doute un artiste en puissance.

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Yona Friedman

"Je souhaite présenter à Delme deux « structures irrégulières ». Il s’agit de structures conçues pour être réalisables à l’aide de matériaux simples, par n’importe qui, professionnel ou non. Ces structures sont toujours improvisées, car elles ne peuvent être dessinées ou planifiées ; il est seulement possible d’expliquer leur mode de réalisation. Elles ont été conçues comme des structures pouvant servir dans des bidonvilles pauvres,mais s’envisagent également comme des oeuvres d’art, car elles peuvent être belles. Elles transforment l’espace vécu, en brisant toutes les géométries, coupoles, façades,tours. Mais briser la géométrie ne veut pas dire désordre, et réfère plutôt à une géométrie « autre ».Parce qu’elles sont faciles à réaliser, vous-mêmes, spectateurs, pourriez les essayer chez vous, dans votre maison."

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Quelques images sur l'oeuvre de Yona Friedman