Bouquet

Photo Philippe Hoch

Dans la perspective de son récital, donné dimanche 21 septembre 2008 à l'Arsenal de Metz, dans le cadre des Journées européennes de la culture juive, Michèle Tauber, chanteuse et par ailleurs maître de conférences en langue et littérature hébraïques, a écrit le texte suivant au sujet du yiddish et de ses origines lotharingiennes.

«'Des migrations de peuples traversent le yiddish de bout en bout. Tout cet allemand, cet hébreu, ce français, cet anglais, ce slave, ce hollandais, ce roumain et même ce latin, est gagné à l'intérieur du yiddish par la curiosité et l'insouciance - il faut déjà pas mal de force pour maintenir des langues dans cet état.' Franz Kafka : Discours sur la langue yiddish.

On ne pouvait rêver d'un texte plus européen ! Le yiddish incarne donc à lui seul cette pluralité unique en son genre des langues européennes mâtinées d'un bon zeste d'hébreu, qui l'identifie comme langue juive. Or si la France symbolise la terre d'élection par excellence pour les immigrés juifs des années vingt - «Heureux comme Dieu en France», affirme un vieux dicton yiddish - Metz, elle, incarne le berceau de la langue yiddish.

Celle-ci, en effet, est née sur les bords de la Moselle au tournant du Xe siècle avec l'installation de communautés juives en Lotharingie. La ville de Metz et le yiddish cheminent donc de concert depuis plus de mille ans [...].

La richesse de la poésie yiddish et l'abondante diversité de ses sources musicales constituent un répertoire constamment varié. Scènes d'enfants, complaintes maternelles, poèmes d'amour, solitude du poète, lutte sociale : la chanson yiddish embrasse tous les genres et tous les temps forts de l'existence. Du folkslidfolkslid - chant populaire qui se transmet oralement - à la chanson de poète, elle fait sans cesse revivre à travers le rire et les larmes toute la vie juive de l'Europe ashkénaze.»

Le Yiddish une langue qui se déguste....

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_Républicain_lorrain_20_septembre_2008