Table ronde autour de Didier Francfort,

Audrey Roncigli

Jean-Sébastien Noël

dans le grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz

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Accueil de Monsieur Antoine Fonte,

adjoint aux affaires culturelles et aux cultes

À partir  de la présentation d'itinéraires croisés de musiciens issus des traditions culturelles d'Europe centrale et orientale, affirmant leurs liens avec la judéité, s'est élaborée une réflexion sur la construction individuelle d'identités culturelles où coexistent plusieurs identifications parfois contradictoires.

L'équipe du CERCLE (Centre de Recherche sur les Cultures Littéraires Européennes) a présenté trois communications sur des personnalités importantes de la vie musicale se situant différemment dans le contexte européen et américain par rapport à leur judéité. Les approches interdisciplinaires autour de l'histoire et de la musicologie permettent en effet à cette équipe de chercheurs d'étudier les phénomènes de transferts et d'identification culturels, notamment en Europe centrale et orientale.

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Présentation des intervenants

par Désirée Mayer, présidente des JECJ-Lorraine

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Didier Francfort, co-directeur du CERCLE, est professeur d'histoire contemporaine. Ses recherches portent sur la place de la musique dans la construction des cultures nationales et dans les processus d'identification.

Le_chant_des_nations

Ouvrage publié chez Hachette en 2004

Propose une histoire de l'influence de la musique sur le sentiment national, de la défaite de la France pendant la guerre de 1870 jusqu'à la Première Guerre mondiale. A travers l'analyse des productions musicales de cette période, montre l'apparition d'un véritable nationalisme musical chez les Etats-nations européens qui apparaît comme une préfiguration des logiques de guerre.

ARGUMENTAIRE : «Chaque fois que j'écoute du Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne !» s'exclame Woody Allen dans Meurtre mystérieux à Manhattan. Derrière la dérision se cache une réalité sociale et historique : la musique joue un rôle dans le conditionnement des masses. Elle prépare en effet les sociétés aux grandes mobilisations patriotiques et offre des musiciens comme héros nationaux. Hymnes, opéras, chansonnettes accompagnent les manifestations révolutionnaires ou civiques.

La fonction nationaliste de la musique s'accentue après la guerre de 1870 au moment où les nations européennes s'affirment. Partout se développe l'idée selon laquelle la musique correspond à l'âme d'un peuple et transmet le sentiment d'appartenance. C'est l'époque où s'invente le folklore. La musique brave la censure des empires, accompagne le triomphe de l'indépendance et parfois la conquête. Elle cesse alors d'être un art universel pour devenir un art national et c'est au son des instruments de musique que les hommes partiront à la guerre pendant l'été 1914.

Didier Francfort nous livre ici une analyse originale et érudite de la culture européenne et met en évidence l'influence des musiques et des chansons sur les opinions publiques.