Les Journées européennes de la culture juive (J.E.C.J.) sont nées en 1998 d’une initiative de l’association Bnaï-Brith de Strasbourg et ont été organisées à Metz dès l’année suivante, en 1999.  Cette manifestation a trouvé immédiatement un large écho au sein des institutions européennes qui ont voulu lui donner les dimensions qu’elles ont aujourd’hui puisque de nombreuses nations de l’Union s’y sont associées pour les commémorer de concert.

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                La Lorraine, à travers ses différentes communautés de Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle et Vosges s’est, dès l’origine, associée à cette manifestation pour mieux faire connaître son patrimoine juif. Elle a voulu accueillir le plus large public possible, lui faire visiter aussi bien ses lieux de culte, souvent anciens et prestigieux, que ses cimetières. Elle a aussi souhaité l’inviter à partager sa culture au sens le plus large du terme, historique ou littéraire naturellement, mais aussi gastronomique ou musicale.

                En effet, notre région, et Metz tout particulièrement se flatte d’avoir été au cœur du judaïsme français pendant plusieurs siècles. Sans remonter le cours du temps jusqu’au haut Moyen Age où un Gershom de Metz était appelé « La Lumière de l’Exil », l’actuelle capitale régionale fut longtemps la seule ville française comptant en son sein une communauté institutionnalisée et reconnue par les autorités civiles et militaires. Elle marqua à l’époque les esprits, tant par son imprimerie, la seule de France, que par son école rabbinique. Mais n’oublions pas Verdun où les juifs austrasiens jouèrent un rôle si important dans le commerce entre l’empire de Charlemagne et l’Espagne musulmane, n’oublions pas Nancy et Lunéville, dont les synagogues sont des trésors architecturaux de la fin du XVIII ème siècle, ni Vittel ou Bruyères, dans les Vosges, aux bâtiments plus récents mais tout aussi intéressants.

Le patrimoine juif de Lorraine ne se résume cependant pas aux vestiges architecturaux, aussi prestigieux soient-ils, ni au souvenir de ses grands hommes. Il s’est élaboré humblement, au fil du temps, parmi ces petites communautés rurales, composées de quelques dizaines- parfois moins- de familles, qui inventèrent un mode de vie, une culture dont nous sommes tous, peu ou prou, encore les héritiers. C’est cette culture, cette bonhomie souriante, parfois si méconnue, que nous avons à cœur de vouloir faire découvrir et partager par nos concitoyens de toutes origines. Les J.E.C.J. sont des bras ouverts que nous tendons à tous dans un souci de respect et de fraternité.

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